Le burn rate mesure la consommation de cash par mois, en deux saveurs à ne jamais confondre dans la même phrase. Le burn brut, c’est tout le cash qui sort : salaires, loyer, équipement, services. Le burn net soustrait le cash qui entre de façon fiable (tranches de subvention, remboursements de crédit d’impôt une fois reçus, premier revenu), et c’est le chiffre qui se divise dans le cash pour donner le runway. Une société qui écrit « burn » sans l’adjectif dans un document de board crée exactement l’ambiguïté que la diligence existe pour attraper.
Bien lire le burn suppose de le normaliser. Les éléments one-off (un achat d’équipement, une facture juridique, une prime d’assurance annuelle) vont sur une ligne à part, pas dans le run rate mensuel ; un fondateur qui laisse l’achat d’un banc d’essai robotique dans le burn de mars affiche un pic de 2x qui ne veut rien dire. La présentation utile est un burn en run rate, les one-offs signalés à part, suivi sur plusieurs trimestres.
La discipline de gestion est l’étagement : quels coûts sont engagés (baux, préavis), lesquels sont pilotables dans le trimestre, lesquels sont discrétionnaires aujourd’hui. Cet étagement est ce qui transforme un scénario baissier d’un exercice de tableur en un plan exécutable, et c’est la première question qu’un board sérieux pose quand un jalon se déplace.
