Le runway, c’est le cash en banque divisé par le burn net mensuel : le temps qu’il reste à la société à son rythme de dépense actuel. C’est le chiffre de pilotage central d’une société pré-revenu, et son honnêteté dépend entièrement du burn retenu (net du cash qui entre de façon fiable, les one-offs normalisés) et des entrées futures que le modèle ose compter.
La discipline de planification repose sur des scénarios. Un cas de base avec le seul cash engagé ; un cas baissier où la subvention glisse d’un trimestre et où le recrutement se fait quand même ; un cas d’extension montrant quels coûts pourraient s’arrêter. Le chiffre qui compte dans chacun : où tombe la date de panne sèche par rapport au prochain jalon, car un runway qui s’achève 1 mois après une démonstration technique clé n’est pas un runway, c’est un pari sur un calendrier de R&D.
La règle de timing de levée en découle : la prochaine levée commence pendant que le runway couvre encore tout le processus. 12 mois est le seuil confortable côté logiciel, 15 le seuil plus sûr vu les délais de diligence deeptech ; en dessous de 9, la société négocie sous pression visible. Et tout investisseur lit un runway sur un tableau de burn aussi vite que le fondateur. Prolonger le runway n’est d’ailleurs pas 1 levier mais 3 : couper le burn, ajouter du non dilutif, ou bridger ; chacun a un coût, et le moins cher est en général celui qu’on décide le plus tôt.
