Le stacking (cumul, dans les programmes francophones) est la pratique de financer un même projet par plusieurs sources non dilutives à la fois. C’est ainsi que les sociétés deeptech assemblent un vrai levier : un crédit d’impôt fédéral, une subvention nationale ou régionale, une contribution d’agence et un tour d’equity peuvent tous soutenir le même travail. Mais les programmes sont conçus pour éviter de financer 2 fois le même dollar, donc ils interagissent par 2 mécanismes principaux qu’un fondateur gagne à comprendre avant de supposer que l’argent s’additionne simplement.
Le premier est la réduction d’assiette. L’aide gouvernementale reçue d’un programme réduit d’ordinaire l’assiette de dépenses éligibles d’un autre, demandé sur les mêmes coûts. Le cas classique est canadien : une contribution PARI abaisse les dépenses qualifiées au SR&ED, donc le crédit d’impôt obtenu sur ces coûts baisse. Les programmes sont complémentaires mais non additifs, et la prise combinée est toujours inférieure à la somme arithmétique de chacun pris seul. Le second est le plafond agrégé. Beaucoup de programmes de subvention et de contribution limitent le financement public total à un pourcentage du coût de projet éligible (une intensité d’aide maximale), donc au-delà d’un plafond, ajouter une source publique de plus évince les autres au lieu d’augmenter le total.
La discipline d’opérateur est de modéliser la pile comme une optimisation conjointe, pas comme une somme. Cela suppose de répartir les coûts entre les programmes pour maximiser le résultat combiné, de séquencer les candidatures pour que l’une n’érode pas l’autre en silence, et de respecter les règles de cumul et les plafonds d’intensité d’aide de chaque programme. Bien menée, la pile transforme un mince tour d’equity en un jalon pleinement financé ; menée naïvement, un fondateur budgète 550 000 $ de soutien, reçoit 480 000 $, et découvre l’écart juste au moment où le runway est le plus tendu.
